/Scarlett Johansson/
/Anywhere I lay my
Head (2008)/
/ScarlettJohansson/FallingDown (video)/
J’ai
jamais vraiment pu saquer la musique horripilante de TV on the Radio ; pourtant c’est pas faute d’avoir essayé,
hein. J’avais des raisons de forcer, de me forcer. Je n’avais que ça
d’ailleurs, puisque ne pas les apprécier ne semblait pas une option. En plus,
tous les pré-requis étaient là, un peu trop là d’ailleurs à mon (mauvais) goût,
Bowie coopte (mais il coopte n’importe quoi cet ectoplasme de lui-même,
des nullissimes Dandy Warhols
aux nouveaux U2 folk-bouseux Arcade Fire qui nous font déjà chier
au bout de 2 disques et demi) le pedigree qui va, la classe avant même
d’écouter, quoi, label 4AD inclus.
Mais voilà, c’est lourdeau et pénible et ça me broie les roubignolles. Et à toi
aussi, j’espère. C’est juste pas du tout nul, mais pénible. Oh mon Dieu, comme
c’est pénible. Je préfère écouter Painkiller
(en concert ce mois-ci à la Cité de la
Musique, soit dit en passant), au moins je me fais violence volontairement
et activement, pas en subissant des barrissements stupides sur des paroles
idiotes. Voilà pour eux, qu’ils crèvent.
Maintenant, le cas de cette jeune actrice voulant faire un disque comme d’autres de son âge pondent des chiards, futurs fils ou filles de. D’abord, elle assure un max en ne faisant qu’un album de reprises, dans la grande tradition (à part un morceau à elle, qui est très chouette qui plus est). En plus, ce sont des reprises de Monsieur Tom Waits, c’est-à-dire, pour le lozérien qui sommeille en vous, l’artiste le plus bankable sur le grand tremplin du 21ème au 22ème siècle ; le dieu, le héros, le messie, Bob Dylan II, kwa. Il a toujours plu aux filles, malgré –ou grâce ??- à un physique compliqué, une image discutable, j’en sais quelque chose : en 1989, j’avais tous ses disques, CD, vinyles ou K7 ; aujourd’hui, je n’en ai plus un (heureusement, j’ai tout en mp3, merci à toi de t’en soucier). Le matin, tôt ou tard, elles partent avec, les fourbes, c’est comme ça (la la la lala…). Bah, tant mieux, après tout.
Ainsi,
Scarlett reprend Tom Waits
avec aux manettes le gus responsable de TV
on the Radio, à savoir Dave Sitek, aimable sosie de Adam Kesher (de Mulholland Drive) au niveau de son groin. Petite parenthèse ouverte
pour dire du bien, hop, comme ça, du groupe bordelais et bordélique Adam Kesher, mais ça n’a vraiment
rien à voir, hein. Bref Dave Sitek,
et donc son pote Bowie (dents et
idées longues) se penchent sur le berceau du dernier prodige érotico-hollywoodien
en date ; c’est certes la minimiser, j’en suis conscient, car elle joue
vraiment très bien, et pas forcément que dans de navrants navets. Quoique, mais
c’est une autre histoire.
Sitek lui demande :
keske t’aimes comme zique ? Elle lui répond des trucs inespérés, ils ont
les mêmes goûts, de bons goûts, à mon (mauvais ?) goût : Jesus and Mary Chain, Cocteau Twins, tout ça. La guitare
saturée, le shoegazing et la boîte à rythmes vintage, kwa. Je rajouterai, uniquement à titre
auditif, Sinead O’Connor, voire Lydia Lunch ou My Bloody
Valentine, parfois. La reprise de «I
don’t wanna grow up», notamment, avec son beat tatapoum inattendu, est réellement
délicieuse, comme du Cocteau Twins
sauce 45t au lieu de 33t.
Bon
bah, ai-je autre chose à rajouter ? J’adore ce disque, absolument magnifique,
terriblement prenant, dansant, entraînant. On ne reconnaît que vaguement les
morceaux initiaux de l'oncle Tom, et quelque part c’est tant mieux : ça donne
envie de les oublier, ou bien de les réécouter, au choix. Ca ne fait que
prouver la richesse immense de son répertoire, surtout : amusez-vous à
aller voir, sur Wikipédia par exemple, qui a fait des reprises de ses chansons…
C’est hallucinant. Monsieur Waits passe au Rex dans pas longtemps, aussi, mais ça, soit vous le savez déjà, soit c'est pas de chance.
Bref : ce disque est un bonheur, un régal, un bel ouvrage,
un bidule épatant et intelligent (je m'appellerais Camille ou Olivia Ruiz je serais bleue et j'irais me pendre), partageons-le maintenant ! Bon panard, lézamis.
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