(Ce post sera considéré terminé lorsque cette phrase n'apparaîtra plus.)
C’aurait
dû être Sound of Silver, un des
meilleurs albums des Talking Heads de LCD Soundsystem, ça m’apparaissait
comme évident, tant le disque est somptueusement pêchu, constamment inventif
malgré les citations omniprésentes [qui ne sont, en fait, que l’essence même de
ce non-groupe à l’érudition joyeuse, utile et positive, ça change…] ; tant
sur scène c’était épatant ; tant James Murphy a la classe,
nonchalante et dodue. C’aurait dû, quoi.
Mais, alors que l’année s’étiolait
mollement et que les jeux semblaient désormais faits, j’ai pris House of Cards et ses petites sœurs en
pleine poire, comme des millions d’autres gusses, pour le coup ; j’ai été
foudroyé sur place par un arc-en-ciel. Impossible de lutter, d’essayer de
parlementer ou de tortiller du croupion comme un désespérant cuistre, comme un
lecteur des Inrocks, par exemple. Ce
sont les plus forts, loin, très loin, tellement plus hauts, là-haut, comme en apesanteur,
ouatée, placentaire, au-dessus, au-delà de la mêlée grouillante. De l’attaque 15 Step, sorte d’intro incantatoire electro-bayou,
inventant un truc environ toutes les dix secondes, à la sortie Videotape façon Amnesiac/Robert Wyatt [toujours], je suis saisi, comme on le
dirait d’un faux-filet, par exemple. Mais bon voilà, le dernier Radiotête
est meilleur que le dernier Robert Wyatt, les élèves dépassent le maître
[mais c’est le cas depuis Kid A], bla
bli blu. I don't want to be your
friend / I just want to be your lover / Forget about your house of cards / The
infrastructure will collapse... Savourons,
encore. Et toujours, surtout. Chapo, les gros gars, one more time.
Sinon,
bah… qu’ai-je aimé cette année ? Le dernier Happy Mondays, pas du
tout ridicule ; spécial dingues : les dernières livraisons autistes et toujours jouissives de Mick
Harris [Scorn], Vinni Reilly
[The Durutti Column], Justin
Broadrick [Jesu, en ce moment…], Les Fleurs du Mal d'Anna-Varney / Sopor Aeternus, ou
encore de ce sympathique pitre d’Al Jourgensen [Ministry, le dernier, soi-disant…] ; Neon Bible d’Arcade Fire, bien sûr, âpre et tendu,
geignard mais pêchu, mais vite, vite avant qu’ils ne deviennent U2 !
[déjà, ils enregistre dans une église, mauvais signe…] ainsi que le Myth Takes de !!! et le Strawberry Jam
d’Animal Collective, deux [assez jeunes] groupes de tarés
au fort potentiel à mon sens, certes très hype en ce moment, mais beaucoup plus
si affinités, aussi.









La chance aux français / La
France aux chansons
Teki Latex est un chouette gars, et même si son album sent un peu sous les bras,
c’est l’intention [énorme, comme son gabarit] qui compte, trouveuje. Quel type,
quelle intelligence, je voudrais que tu sois mon ami, et pas seulement au Paris-Paris.
Il faut voir Montgomery
sur scène, c’est souvent épatant, ils ont de bonnes bouilles et de vraiment
bons morceaux ; bon après ils ont sorti un disque, c’est normal, mais c’est pas
mal quand même.
Centenaire, avec ce goret couinant sur la pochette de
leur premier effort, m’a tout de suite tapé dans l’œil ; puis bien vite dans
l’oreille, aussi. Vive les gorets, et longue vie à Centenaire !
Murat et Ferré, je passe, sur ce coup-là. Le quasi-reste de la production francophone "grand
public" peut aller à l’égout, comme d’habitude. Anne Cardona est
mignonne à souhait cependant, et en plus demain elle vient chez moi !!! Je ne peux
décemment pas en dire du mal, donc.



We are the Night /
We own the Night
† de Justice [Bidule de l'année] et le Alive de Daft Punk [Bidule de la décennie] me font danser, c'est bien. Pedro Winter tu es gros, je t'aime et je t'envie.
Côté vétérans pas du tout
encore morts, Oblivion with Bells de
mes chéris éternels Underworld
impose sa classe et sa maîtrise, leur précédente collaboration avec Gabriel
Yared ayant indéniablement laissé des marques, sans pour autant que ça devienne
de l’Ambiant, non ; l’édition limitée de l’album est à mourir, soit dit en
passant. Quant au We are the Night
des Chemical Brothers, c’est tout
simplement l’un de leurs meilleurs albums à ce jour.

23 Seconds, le presque
double album des canadiens de Cobblestone
Jazz, lui, fait tout ça et bien plus encore ; ce combo incroyable mêle
la matière house primale [Detroit, Chicago…] à une attitude de musicien de
jazz, et c’est énorme. Non, ce n’est pas de l’Acid Jazz, ni du Free Jazz, ni de l'Acid House, c’est juste… tout ça en même temps et donc autre
chose. Essayez, vous verrez bien. La tête est happée, les jambes sont prises. Gros-esque. Splendide, admirable boulot.
Mention honorable, pour en finir avec la musique des machines, au Digital Chronicles du danois Trentemøller, pas réellement inventif ni transcendant, mais bon, bon quand même...

Cinéma, cinémaaaaaaa !!...
Cronenberg me navre toujours autant avec ses pseudo-films,
super cons et très mal foutus : pitié David, arrête, je sais pas, Viggo
est très bien, bogosse tout ça, mais c’est un mâle pour un bien,
apparemment, dans ton cas. Débande. Reviens à ExistenZ ou Videodrome [ta
signature à toi, ton artisanat, ton talent] et autres Crash ou Naked Lunch entre-temps
[adaptations géniales de trucs ingérables et cultes], là où tu excelles, quoi ;
mais tes bidules anti-ricains, savantes leçons sur la violence et sa représentation, d’autres
plus malins que toi s’y sont déjà cassé les dents bien avant toi [genre : Wenders
ou Woo meets Hollywood, au hasard…], alors tu laisses ça à Haneke
ou encore à Gaspard Noé, des vrais gars, bons sur le sujet, et tu arrêtes
de t’y croire. Y’a plus ni Peckinpah, ni Kubrick, je sais bien,
tout le monde est triste mais c’est comme ça. Les Promesses de l'Ombre, titre débile et générique, film incohérent et vain.
Tout ça pour dire que le film que
j’ai préféré cette année, en revanche, est certainement Zodiac,
pour toutes ces justes raisons : un réalisateur [Fincher] qui se
réinvente et en profite aussi pour se surpasser, facilement, bien loin de ses
films pour ados attardés d’avant, tout moisis, du coup. En voilà, une vraie
réflexion cinématographique sur la violence et ses conséquences : sociétales,
médiatiques, métaphysiques. Franchement grandiose, à mon sens. Avec Zodiac, de plus, un peu à l’image de James
Murphy justement, il cite sans cesse dans ce putain de film-fleuve [Bullitt, Sidney Lumet…], sans que
cela ne soit jamais pénible, bien au contraire, car toujours au service d’une
cause éclairée, d'une passionnante modernité. Et puis des acteurs du feu de dieu, en
plus, omg. Chapo aussi. Très très grand film. Invention formelle, film qui se désagrège, qui se meurt devant nos yeux... Un chef d'oeuvre grandiose.

Coté
français, entre Luc Besson et Michaël Youn, rien ou presque, comme d’habitude,
mis à part l’excellence d’Eric Rohmer [la Momie, 375 ans], toujours vert le
gaillard, ses Amours d'Astrée et de Céladon étant
un pur régal de tous les sens, un film adorable et goûtu, sa volonté d’être un des plus "jeunes" et modernes réalisateurs français toujours intacte ; et
sinon La Question Humaine du laborieux Nicolas
Klotz, film [assez] sympa mais [quand même] raté, à mon sens, aide à
patienter en attendant le nouveau [vrai] Desplechin ; voir même lourdingue ou
prétentieux parfois, ce qui n’est pas top, quand on est super de gauche, quand
même. N’est pas Michel Deville qui veut [cf. le Dossier 51 par exemple...]. Pas pu voir Les Chansons d'amour du gentil et doué Christophe Honoré, étant allergique aux films chantants. Donc Joker. J'ai passé sinon un bon moment avec Persépolis, le dessin animé contestataire-people de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi.
La blonde et la brune
Image dégueu, pas vraiment de scénar, collage
anarchique [foutage de gueule ?] fallait bien que je finisse par lui, quoi
qu’il arrive : INLAND EMPIRE de David Lynch est loin d’être un
film réussi, loin d’être un bon film. Hum, loin d’être un film, d’ailleurs.
Personnellement, je ne l’ai vu que trois fois, c’est dire. Mais habité par ses
œuvres connexes, ce qui peut aider : film digérant, film intestin, c’est un
film somme, il y a des filles, des blondes et des brunes gémellaires, des méchants et des
putes, du rock et des tubes motown, de la folie insensée tout le temps, et même ses anciennes
actrices, au début et tout à la fin, ça ne peut parler qu’à un initié, mais
même pas forcément. L’empire intestinal. Le personnage d'Harry Dean Stanton tape du blé à tout le monde, tout le temps : tu m'étonnes. Film d'auteur, tiens.
EXPO : The Air is on Fire de David Lynch à la Fondation Cartier. Historique, Hystérique, Définitif.
Les livres ? Dennis Cooper, trop facile ce jeu. Et en plus, je le croise Gare de l'Est juste après ce post, décidément, les coïncidences...
Tiens, à propos de jeux débiles, et comme je suis Vierge en plus, je m’en suis inventé un, un de plus [un de trop ?] : trouver mes disques préférés depuis mon année de naissance [un par an, pour essayer d'être clair], donc ça donne ça :
| Année | Artiste | Album |
| 1970 | The Beatles | Let it be |
| 1971 | David Bowie | Hunky Dory |
| 1972 | David Bowie | Ziggy Stardust |
| 1973 | David Bowie | Aladdin Sane |
| 1974 | David Bowie | Diamond Dogs |
| 1975 | David Bowie | Young Americans |
| 1976 | David Bowie | Station to Station |
| 1977 | David Bowie | Low |
| 1978 | The Jam | All Mod Cons |
| 1979 | David Bowie | Lodger |
| 1980 | Joy Division | Closer |
| 1981 | Japan | Tin Drums |
| 1982 | Peter Gabriel | 4 |
| 1983 | Cocteau Twins | Head over Heels |
| 1984 | Prefab Sprout | Swoon |
| 1985 | New Order | Low Life |
| 1986 | Alain Bashung | Passé le Rio Grande |
| 1987 | Prince | Sign of the Times |
| 1988 | Happy Mondays | Bummed |
| 1989 | New Order | Technique |
| 1990 | Cocteau Twins | Heaven or Las Vegas |
| 1991 | The Pixies | Trompe le Monde |
| 1992 | The Orb | UF Orb |
| 1993 | Björk | Debut |
| 1994 | Prince | Black Album |
| 1995 | Kraftwerk | The Mix |
| 1996 | Underworld | Second toughest in the Infants |
| 1997 | Godspeed You! Black Emperor | f#a#∞ |
| 1998 | Beck | Mutations |
| 1999 | Underworld | Beaucoup Fish |
| 2000 | Radiohead | Kid A |
| 2001 | Super Furry Animals | Rings around the World |
| 2002 | Beck | Sea Change |
| 2003 | Wire | Send |
| 2004 | Einstürzende Neubauten | Perpetuum mobile |
| 2005 | The Mars Volta | Frances the Mute |
| 2006 | Scott Walker | The Drift |
| 2007 | Radiohead | In Rainbows |
Hello JFred !
Ça le fait bien, la vraie-fausse couv des Inrocks avec la reine des b(p)runes !
On s'y croirait ! Je m'étonne même de ne pas avoir reçu le dernier numéro des Inrocks (de l'année 2007) présenté ainsi !
Au train où vont les choses...
Rédigé par: Elsa | 05/01/2008 à 12:57
PS : Mets un V majuscule à ton signe astrologique STP, sinon ça peut prêter à confusion.
Tu peux bien entendu supprimer ce post quand tu auras effectué la modification !
Rédigé par: Elsa | 05/01/2008 à 13:03